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La Chine s’apprête au grand affrontement au rythme du stress avec le Japon et Taïwan dans l’œil de la tempête

Écrit par : Abdelbaset Younes

Chef de l’unité des études asiatiques
Traduit par : Yousra Mohamed Massoud

L’Armée populaire de libération (chinoise) possède de fortes capacités et des moyens suffisamment fiables pour vaincre tout agresseur. Et si le côté japonais dépasse les limites, même d’un demi-pas, il paiera inévitablement un prix douloureux.

Cette déclaration majeure a été rapportée par le porte-parole du ministère chinois de la Défense, Jiang Bin.

L’intensité de la tension entre la Chine et le Japon s’est accrue après les déclarations de la Première ministre japonaise, Sanaï Takaishi, qui a laissé entendre que toute attaque chinoise probable contre Taïwan pourrait ouvrir la voie à une intervention militaire japonaise.

Une déclaration japonaise qui a été suivie par des propos chinois motivants, comme si le dragon — toujours décrit comme ne crachant pas de feu et se contentant de rugir — était aujourd’hui prêt à tirer et détruire ses adversaires. Cela montre le changement de stratégie de Pékin face aux crises qui se sont intensifiées au cours de la dernière décennie. Elle affirme que le silence durant les étapes précédentes n’était pas une faiblesse, mais une attente du moment opportun, après une préparation complète, surtout militaire et économique.

Le porte-parole du ministère chinois de la Défense, Jiang Bin, a affirmé que la manière de résoudre la question de Taïwan est une affaire purement intérieure chinoise et que le Japon n’a aucun rapport avec cela. Il a indiqué que le Japon n’a pas procédé à un examen approfondi de ses crimes d’agression et de colonialisme à Taïwan, et qu’il envisageait, sans se soucier de l’opinion publique mondiale, une intervention militaire dans le détroit de Taïwan.

Les déclarations du porte-parole étaient une réponse à l’annonce de Tokyo concernant le déploiement de missiles à moyenne portée sur l’île de Yonaguni, située à seulement 110 km de Taïwan.

Pékin ne s’est pas contentée de menacer, mais a évoqué l’histoire, rappelant l’occupation japonaise de Taïwan pendant un demi-siècle (1895-1945), après le traité de Shimonoseki, qui avait humilié la Chine.

Le traité signé en 1895 avait obligé la Chine à céder Taïwan et à payer d’énormes compensations. Pékin le considère comme le symbole du « siècle de l’humiliation chinoise ».

Le message chinois est clair :
« Celui qui essaiera de répéter Shimonoseki dans la direction opposée… paiera cette fois un prix élevé. »

La Chine a commencé à entraîner ses experts à la désactivation des réseaux satellites Starlink, dans le cadre des préparatifs actuels d’une invasion probable de Taïwan.

Ainsi, ce qui se passe actuellement en Asie de l’Est pourrait être la plus grande tension géopolitique entre les deux plus grands États asiatiques depuis la Seconde Guerre mondiale. Et si l’escalade continue de cette manière, nous pourrions être à l’aube de la crise la plus dangereuse dans la région depuis 70 ans.

Tout cela est étroitement lié au plan de paix américain que Washington tente d’imposer à l’Ukraine, afin de pouvoir se consacrer à la crise asiatique et à la mer de Chine.

Les déclarations de la nouvelle Première ministre japonaise, Sanaï Takaishi, constituent un développement majeur, car elles ont transgressé toutes les règles traditionnelles de la diplomatie japonaise et ont exprimé un défi remarquable envers la Chine.

Si ces déclarations provenaient d’un autre État, elles n’auraient pas suscité une telle réaction à Pékin. Mais venant du Japon, elles représentent un développement dangereux, envoyant un message clair et sans ambiguïté selon lequel le Japon participera à toute guerre probable contre la Chine si celle-ci envisage d’envahir Taïwan, comme elle semble le planifier.

Puisque l’île n’est distante que d’environ 100 km du point le plus proche des îles japonaises, une invasion chinoise visant à annexer Taïwan permettrait aux missiles et avions chinois d’atteindre le territoire japonais en quelques minutes. Tokyo pourrait alors déclarer un état de « menace pour la survie du pays » et utiliser son armée pour la première fois dans un conflit majeur depuis la Seconde Guerre mondiale.

Il faut rappeler ici qu’il existe entre le Japon et les États-Unis un traité de sécurité officiel depuis la Seconde Guerre mondiale. C’est peut-être cela qui a poussé la Première ministre japonaise à faire cette déclaration forte, très intentionnelle dans ce moment et ces circonstances tendus.

Le danger de la déclaration japonaise réside dans le fait qu’elle a sonné comme le coup d’envoi d’une guerre diplomatique et économique à grande échelle contre la Chine.

Ainsi, en seulement 48 heures, la Chine a commencé son guerre contre le Japon par des déclarations médiatiques très fortes condamnant les propos de la Première ministre japonaise. Une guerre médiatique s’est déclenchée contre elle, accompagnée d’insultes et d’attaques sur les médias officiels de l’État et sur toutes les plateformes de réseaux sociaux.

Ensuite, elle est passée du stade des déclarations médiatiques au Conseil de sécurité, envoyant une lettre officielle et une plainte au Secrétaire général des Nations Unies accusant le Japon de menacer d’une intervention militaire à Taïwan, ce qui constitue un acte agressif. Plus dangereux encore, Pékin a affirmé qu’elle exercerait son droit à l’autodéfense par tous les moyens possibles.

Ce n’est pas une simple menace, mais une confirmation officielle que la Chine est prête à affronter militairement le Japon, pour la première fois depuis la guerre sino-japonaise qui s’est terminée en 1945 !

Parmi les mesures prises par la Chine sur le plan économique figure l’arrêt de tous les voyages touristiques vers le Japon. Ce fut un coup dur pour un pays fortement dépendant des revenus du tourisme chinois. Selon un rapport du journal britannique The Guardian, les touristes chinois figurent parmi les plus grandes sources de revenus touristiques au Japon.

En seulement deux jours, plus d’un demi-million de Chinois ont annulé leur voyage au Japon. De plus, les compagnies aériennes chinoises ont pris une décision — non annoncée officiellement mais confirmée par des articles de presse — de réduire ou d’arrêter les vols vers le Japon jusqu’en mars 2026, au minimum.

Mais toutes ces mesures ne représentent que ce qui apparaît à la surface… Ce qui se déroule dans les coulisses est bien plus inquiétant que ce que l’on voit.

Enfin, la Chine ne se prépare pas uniquement à envahir Taïwan, mais elle se prépare également à affronter probablement le Japon et les États-Unis, dans un nouveau cadre d’équations et d’alliances majeures en formation, qui changeront les centres de pouvoir et d’influence dans la mer de Chine méridionale.

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